Le portrait de Clint

Publié le par Vana

Depuis le temps que je dois terminer ce billet, parce qu'aujourd'hui c'est son anniversaire (et que le 27/5/72 est un palindrome ainsi qu'il aime le souligner) je vais vous dresser le portrait de Clint, celui qui fut le premier à répondre à mon annonce de roadtrip publiée sur Gumtree.

J'ai demandé à Clint s'il se prêterait au jeu de l'interview pour mon blog et il a répondu par l'affirmative (vous vous en doutez, vous ne seriez pas en train de lire ces lignes sinon). J'ai trouvé qu'il représentait plutôt bien le flegme nonchalant de ses acolytes australiens, le no worries mate, ou no problemo mon pote comme on dirait par chez nous.

J'ai cependant dû renoncer au format interview car, bien trop compliqué et alambiqué à traduire. Je vous met ici une version un peu épurée et compréhensible de nos échanges afin que vous puissiez vous en rendre compte par vous même (en australien dans le texte bien évidemment).

Sa connaissance de l'Outback australien qui était un avantage considérable pour un roadtrip est essentiellement due à son métier, métier qui est à l'origine de mon d'interview. Parce que bon, vous en connaissez beaucoup vous, des désherbeurs professionnels ?


Je lui ai quand même demandé son intitulé exact, car désherbeur, ça faisait plutôt aérosol. Il est donc un technicien de terrain qui   « a les compétences de réparer et résoudre les problèmes logistiques et personnels en zones isolées, ce qui peut devenir un challenge pour une personne qui ne serait pas préparée, ou même sur le retour, comme tu as pu t'en rendre compte... Maudit ute … Il faut savoir garder la tête froide, savoir prévoir les problèmes et non juste les réparer quand ils surviennent »

 

Quand je lui ai demandé comment il en était venu à exercer ce métier il m'a répondu :

« En 2003, lorsque je suis rentré des vignobles de St Francis de la Sonoma Valley (ndla:en Californie, USA), j'étais désillusionné par la mentalité viticole (…) J'étais à un barbecue chez mes cousins, quand le voisin est passé nous demander si on connaissait quelqu'un qui recherchait un travail. J'ai dit que non, pas vraiment vu que je venais de faire plusieurs postes de nuit aux presses pour les vendanges. Il m'a dit que j'étais de la partie. Je suis donc parti en Australie Occidentale faire le larbin géophysique près de Kalgoorlie. Mais après quelques années à faire des allers retour, j'en ai eu assez de ne jamais être chez moi et j'ai monté ma propre boîte en me servant des compétences que j'avais acquises en relevé topographique à la mine. C'est une nouveauté en désherbage, ils n'ont jamais fait ou n'ont jamais pensé à les cartographier avant de vaporiser – quelle bande d'andouilles... Bah des fois il faut savoir sortir du moule pour avoir une nouvelle perception hein... »

Un touche-à-tout je vous dis, je ne sais même pas si ma traduction reflète le personnage. Je lui ai demandé comment un voyageur pouvait minimiser son impact sur la flore australienne. C'est simple, il suffit de bien gratter la semelle de ses chaussures pour que les graines tombent et ne soient pas trimbalées de partout. A l'en croire, dans le Victoria on peut repérer que les mauvaises herbes commencent aux portails, là ou les gens sortent de leur voiture.

Quand je lui demande le bagage nécessaire pour faire ce boulot, il me répond que ce n'est pas donné à tout le monde. Il faut aimer la chaleur et les mouches, ça serait un bon début, il faudrait se débarrasser de tout les trucs inutiles de la vie citadine et revenir aux sources, réaliser ce dont on a réellement besoin ou non pour vivre. « Ai eu un gars qui chouinait parce qu'il rêvait dans ses rêves, parce que tout est si calme par ici... »

L'attrait principal de son boulot ? « La simplicité, parfois quand tu es là-bas, ce sont les petites choses qui sont spéciales »

Pour finir, je vous met quelques photos qu'il à pris et m'a transmis afin de les partager avec vous.

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 La pulvérisation de produits pour tuer les mauvaises harbes, car oui, ce gros trucs vert fluo, c'est une mauvaise herbe.

 Booia sunrise 016

 

Les mauvaises herbes nuisent à la végétation "native" australienne, leurs racines sont très longues et privent les plantes millénaires de leur nutriments.     

 

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C'est quand même pas mal comme vue depuis son lieu de travail, non?

Publié dans People

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